Histoire
La Création
Créé à la fin de l’été 1943, le Comité Parisien de la Libération est né de la volonté d’André Tollet (dirigeant en région parisienne de la CGT réunifiée dans la clandestinité) et de Jean De Vogüe (chef du mouvement Ceux de la Résistance) de coordonner les organisations parisiennes de la Résistance, sur le modèle du CNR (Conseil National de la Résistance), mis sur pied en juin par Jean Moulin.
Des tractations avaient déjà été entamées avec les représentants du Général De Gaulle, Claude Bouchinet-Serreules, François-Louis Closon et Jacques Bingen, dès la fin du printemps, mais c’est seulement à partir de septembre que le CPL commence véritablement son activité.
Comme tous les CDL (les Comités Départementaux de Libération, organes mis sur pied dans chaque département), le Comité parisien devait être un maillon de la représentation provisoire issue de la Résistance après la libération du territoire. Ses initiateurs le voyaient aussi, suivant le modèle du CNR, comme un organe de coordination de l’action immédiate.
Composition
Il regroupait les mouvements de résistance, partis politiques et syndicats actifs dans le département de la Seine, mais fonctionnait essentiellement par son bureau (ou noyau actif) où étaient représentés Ceux de la Résistance, le Front National de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France, Libération-Nord, l’Organisation Civile et Militaire, le Parti Communiste et l’Union des Syndicats de la Seine. Un représentant de la Délégation Générale du Comité Français de la Libération Nationale (puis du Gouvernement provisoire de la République Française) assistait également aux réunions.
Chacune des organisations membres du bureau représentait d’autres acteurs de la Résistance. Dans le CPL étaient aussi impliquées : la CFTC, les comités populaires, l’Union des Femmes Françaises, les Forces Unies de la Jeunesse Patriotique, l’Assistance Française, Ceux De La Libération, Résistance, Défense de la France, le Parti Socialiste, les Démocrates-chrétiens, l’Alliance démocratique, l’Union Républicaine Démocratique, ainsi que « les représentants des grands corps constitués ». Cette liste est celle qui figure à la fin du premier appel public du Comité parisien de la Libération. Ces organisations ont joué un rôle plus ou moins actif au sein du CPL clandestin, mais ce large rassemblement voulait signifier à la population l’adhésion massive de toutes les forces Å“uvrant pour la libération du pays.
Il y eut 40 réunions clandestines du bureau du CPL, échelonnées de septembre 1943 à août 1944, au cours desquelles les six membres abordèrent tous les sujets concernant la Résistance dans le département de la Seine, en priorité les questions de la lutte armée, de l’insurrection populaire, mais aussi des problématiques plus spécifiquement politiques, notamment la composition des institutions provisoires une fois le pays libéré (au niveau national comme départemental).
Qui sont ces membres du bureau? Le président, grand artisan de la constitution du comité, est André Tollet, ouvrier, dirigeant syndical bien connu en région parisienne. Il représente l’Union des Syndicats au CPL pendant toute la période. A ses côtés, André Carrel, journaliste, représente le Front National de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France. Il a remplacé à l’automne 1943 Charles Streiber, mort des suites de tortures.
Jean de Vogüe, l’autre grand artisan de la constitution du CPL, a siège un temps au nom du mouvement Ceux de la Résistance, avant de céder sa place à Maurice Bourdeau de Fontenay, puis à Léo Hamon. L’Organisation Civile et Militaire est représentée par Aimé Lepercq, qui fut en même temps le chef d’Etat Major des FFI de la Seine, puis par Marie-Hélène Lefaucheux à partir de mars 1944, Lepercq étant arrêté.
Le mouvement Libération-Nord est représenté pendant toute l’existence clandestine du CPL par le même homme, Roger Deniau, syndicaliste de la CGT et membre du Parti Socialiste. Enfin, le Parti Communiste est représenté en temps que tel (André Tollet et André Carrel en sont membres) par Albert Rigal, qui laisse sa place juste avant l’insurrection à Georges Marrane.
Il faut citer également Albert Maynial-Obadia, qui tenait le rôle de secrétaire et Jean Mons, qui fut le représentant du la Délégation Générale du CFLN, et qui fut préfet à la Libération.
Action
Le Comité Parisien de la Libération a joué un rôle important dans la préparation de l’insurrection de Paris, poussant par des proclamations et des tracts les parisiens à l’action revendicative (pour demander notamment un meilleur ravitaillement), et haussant le combattivité de la population, notamment en participant directement à l’organisation d’une grande manifestation le 14 juillet 1944.
Le CPL a également été en contact permanent avec l’Etat major des Forces Françaises de l’Intérieur du département de la Seine, depuis au moins le mois de mai 1944. Au cours d’une réunion avec Rol-Tanguy le 17 août 1944, le bureau du CPL, a jugé que le moment était propice pour lancer le mot d’ordre de l’insurrection populaire, validé le lendemain au cours d’une réunion commune avec le Conseil National de la Résistance.
Après la Libération de Paris
Une fois la capitale libérée, le Comité Parisien de la Libération devint le Conseil municipal et le conseil général provisoire de Paris et de la Seine. Aux côtés du Préfet Marcel Flouret, le CPL, élargi à une vingtaine de membres (dont des représentants des « grand corps constitués », l’université, l’assistance publique, l’Église, la magistrature, …), participe au retour à la légalité républicaine dans le département, ainsi qu’à la reprise des activités économiques, à l’épuration, au ravitaillement, …
La principale tâche du CPL « officiel » est toutefois de veiller à la constitution de Conseils municipaux provisoires dans les communes de la Seine.
Le CPL a également cherché, sans succès, à faire évoluer le statut administratif du département de la Seine et de la ville de Paris.
Le 6 mars 1945, les conseils provisoires sont constitués et aux membres du CPL sont ajoutés les représentants des communes de la « Seine- Banlieue », et d’autres délégués. C’est la fin des fonctions officielles du CPL.
Après s’être fait le promoteur à Paris des États Généraux de la Renaissance Française, qui eurent lieu le 14 juillet 1945, et qui avaient pour but de proposer l’application intégrale du programme du Conseil National de la Résistance, le CPL se mua en novembre 1946 en une association de loi 1901.
